par Christian GERONDEAU (Président de la F.F.A.C.)
A – LES ENGAGEMENTS
Après avoir pris acte du constat ci-après, je m’engage à :
- Prendre acte que 97 % des Français sont désormais automobilistes puisque seuls 3 % d’entre eux n’utilisent jamais la voiture, alors que près de 90 % y ont recours chaque semaine, et 60 % « tous les jours ou presque ». Il n’y a donc pas deux catégories de Français, les « automobilistes » et « les autres », qu’il faudrait opposer.
Oui ¨
- Reconnaître que l’automobile est une des plus remarquables conquêtes du XXème siècle, facteur essentiel de liberté, de qualité de vie et d’efficacité économique, devenue indispensable dans le monde moderne et à laquelle la quasi-totalité des Français est à juste titre très fortement attachée.
Oui ¨
- Me fixer en conséquence pour objectif d’améliorer les conditions de circulation et de stationnement comme le souhaite la très grande majorité de nos concitoyens, afin de contribuer à leur qualité de vie, et non de la détériorer.
Oui ¨
- M’opposer aux politiques dogmatiques de restrictions de l’usage de la voiture, à l’exception des cas où celles-ci sont indiscutablement justifiées, et ne pas culpabiliser indûment les automobilistes.
Oui ¨
- Limiter le montant des taxes sur les carburants qui constituent une fiscalité éminemment anti-sociale, car elles frappent davantage en proportion les catégories sociales les plus modestes qui ont tout autant besoin de leur voiture que les autres et souvent plus.
Oui ¨
- Ne pas mettre en œuvre des péages urbains généralisés qui entraîneraient une discrimination sociale parmi nos compatriotes.
Oui ¨
- Rassurer les Français en leur faisant savoir que la pollution toxique de l’air due à la circulation automobile a été réduite de plus de moitié depuis dix ans au fur et à mesure du renouvellement du parc automobile, et que la qualité de l’air dans nos villes s’améliore très rapidement.
Oui ¨
- Faire savoir que, contrairement aux idées reçues, la circulation des automobiles est une cause très minoritaire la production de gaz à effet de serre par l’homme, dont elle ne représente au niveau mondial que 6 %, et qu’elle vient bien après d’autres sources, telles que la production d’électricité, l’industrie, les chauffages, ou même l’élevage.
Oui ¨
- Encourager néanmoins les constructeurs automobiles à poursuivre la réduction de la consommation moyenne de leurs véhicules afin de contribuer à la lutte contre l’effet de serre dans un souci de développement durable, de continuer à réduire la consommation nationale de pétrole, et de limiter les dépenses pour l’usager.
Oui ¨
- Prendre acte que la circulation routière n’évolue plus dorénavant que très faiblement, et qu’il n’y a donc pas lieu de craindre la paralysie du réseau routier si des politiques appropriées sont mises en œuvre. Il n’y a pas de fatalité de la congestion.
Oui ¨
- Reconnaître que, pour plus de neuf déplacements sur dix assurés par la voiture, il ne peut y avoir d’alternative réaliste à son usage et qu’il est inutile de dépenser l’argent du contribuable dans le vain espoir que nos concitoyens y renonceront autrement qu’à la marge.
Oui ¨
- Œuvrer pour la poursuite de l’amélioration de la sécurité routière, et me fixer pour objectif de descendre à la fin du quinquennat en dessous de la barre des 4.000 tués par an, notamment par une meilleure formation, et en améliorant le réseau routier par l’introduction de procédures de certification-qualité et la suppression des points noirs.
Oui ¨
- Favoriser le maintien en France d’une industrie automobile forte, innovante, et pourvoyeuse d’emplois.
Oui ¨
- Revoir après mon élection la politique nationale des transports, en confiant cette mission à une instance indépendante des différents groupes de pression à la lumière des travaux du Conseil d’Analyse Economique.
Oui ¨
- Commentaires libres
B - LE CONSTAT
JE PRENDS ACTE DE CE QUI SUIT :
- La France compte aujourd’hui 36 millions de véhicules routiers pour 63 millions d’habitants toutes tranches d’âge confondues.
Je prends acte ¨
- 91 % des Français déclarent avoir facilement une voiture à leur disposition quand ils ont à se déplacer. La démocratisation de l’automobile a été un événement majeur de la seconde moitié du 20ème siècle.
Je prends acte ¨
- Il n’y a pas deux catégories de Français, les automobilistes et les autres. Seuls 3% des Français déclarent ne jamais utiliser la voiture. 87% s’en servent chaque semaine, dont 60% " tous les jours ou presque ". Pratiquement tous les Français sont automobilistes.
Je prends acte ¨
- La voiture divise en moyenne par au moins deux les durées de trajet de porte à porte par rapport aux transports en commun. Selon les enquêtes de l’Insee, un déplacement quotidien demande en moyenne nationale 16 minutes en voiture contre 36 en transport en commun. En Ile-de-France, les chiffres correspondants sont de 22 minutes en voiture et 44 minutes en transport en commun, car la très grande majorité des déplacements est située en banlieue. Il n’y a qu’à Paris intra-muros où les transports en commun peuvent rivaliser de ce point de vue avec la voiture.
Je prends acte ¨
- La voiture permet en conséquence de multiplier le nombre et la diversité des activités quotidiennes et de réduire massivement le temps perdu en déplacement. Elle est ainsi un vecteur essentiel de liberté et de qualité de vie de nos contemporains.
Je prends acte ¨
- 80% des Français déclarent en conséquence que la voiture leur a changé la vie, et 93% qu’ils aiment leur voiture, dont 55% " beaucoup ". 80 % déclarent qu’elle leur est indispensable.
Je prends acte ¨
- La voiture permet à la majorité des femmes de mener de front une activité professionnelle et une vie familiale. La majorité des enfants est ainsi désormais déposée en voiture à l’école par leur mère sur le chemin du travail. Les femmes se déclarent encore plus attachées à leur voiture que les hommes.
Je prends acte ¨
- Compte-tenu de ses avantages, la voiture assure désormais en France 135 millions de déplacements motorisés quotidiens sur 150 millions, soit près de neuf sur dix contre un peu plus de un sur dix seulement pour les transports en commun.
L’automobile est ainsi le véritable transport social et collectif de notre époque.
Je prends acte ¨
- Si 90% de Français se déclarent en faveur de la priorité aux transports en commun, 98% de ceux-ci choisissent leur voiture quand ils ont à se déplacer. Les opinions ne sont pas les comportements.
Je prends acte ¨
- Nous vivons avec l’illusion qu’il serait possible de substituer les transports en commun à la voiture mais toutes les études ont montré que, pour plus de neuf déplacements sur dix, il ne peut y avoir d’alternative réaliste à celle-ci compte tenu de la structure de nos villes, contrairement à ce que nous croyons.
Je prends acte ¨
- Comme l’a récemment reconnu la Cour des Comptes, les sommes considérables dépensées en faveur des transports en commun au cours des années récentes n’ont eu aucun impact sur l’utilisation de la voiture qui a continué à croître à la surprise générale, ce qui confirme que les modes de transport ne sont pas des vases communicants.
Je prends acte ¨
- Ceci est particulièrement vérifié sur les liaisons ferrées de rocade dont le trafic est toujours dérisoire comme l’a montré l’échec récent de la rocade ferroviaire de grande ceinture récemment réouverte à Saint-Germain-en-Laye en Ile-de-France et dont les trains sont vides, même aux heures de pointe.
Je prends acte ¨
- Les transports en commun ont toute leur légitimité. Mais leur marché est par nature très limité, essentiellement aux zones centrales des villes et à leur accès.
Je prends acte ¨
- 65% des Français déclarent que les villes où il fait bon vivre sont celles où l’on peut facilement circuler et stationner.
Je prends acte ¨
- 80% de Français déclarent que le rôle des pouvoirs publics doit être de faciliter la circulation et non de la compliquer. 75% pensent notamment qu’il vaut mieux élargir les chaussées que les rétrécir.
Je prends acte ¨
- Même en Ile-de-France, 71% des déplacements motorisés quotidiens sont effectués en véhicules individuels contre 29% en transport en commun et cette dernière proportion ne cesse de décroître malgré le réseau ferré et de métro le plus dense du monde. Seul Paris intra muros fait exception. Mais, avec 2 millions d’habitants sur 62 millions, Paris n’est pas la France. C’est une exception qui ne correspond en rien à la réalité nationale.
Je prends acte ¨
- S’agissant des transports régionaux, la situation est encore plus tranchée. Les 3 milliards d’euros de subvention annuelle qu’ils reçoivent ne bénéficient qu’à une infime minorité et sont sans rapport avec le service rendu. Seuls 1% des habitants de province de plus de 25 ans utilisent en effet chaque semaine les TER et en sont des usagers réguliers. 76% ne les utilisent jamais et 22 % rarement. Le contraste avec la voiture qui est utilisée chaque semaine par 90 % de la population et rapporte de l’argent aux finances publiques est total.
Je prends acte ¨
- En abrégeant massivement les temps de parcours, la voiture épargne chaque jour des millions d’heures, élargit les marchés, permet de multiplier les déplacements professionnels, contribue au désenclavement des régions éloignées et favorise le tourisme. Elle est un des facteurs essentiels de la productivité et de la prospérité économique des sociétés modernes.
Je prends acte ¨
- Les perspectives d’évolution du trafic sont désormais très modérées. Au cours des 5 dernières années les parcours des automobiles ont évolué en France de 383 à 398 millions de kilomètres, et le rythme annuel d’accroissement du trafic automobile a été inférieur à 1%. Dans les centres villes, la circulation décroît même. Il n’y a plus à craindre d’expansion indéfinie du trafic et de paralysie. On ne va pas " dans le mur ".
Je prends acte ¨
- En matière de pollution locale, les progrès techniques ont été très rapides. Le soufre et le plomb ont disparu des carburants. Les véhicules récents sont équipés de dispositifs catalytiques qui divisent par vingt ou plus les émissions de la plupart des polluants.
Je prends acte ¨
- Il en résulte que les concentrations de polluants dans l’atmosphère de nos villes sont en chute. A Paris, par exemple, les réductions suivantes ont été enregistrées en moins de dix ans par l’organisme officiel AIRPARIF :
- 56 % pour le monoxyde de carbone
- 56 % pour les oxydes de soufre
- 77 % pour le benzène
- 95 % pour le plomb
- 43 % pour les oxydes d’azote
- 29 % pour les particules
Peu de nos compatriotes savent que la qualité de l’air de nos villes s’améliore très rapidement et est bien meilleure qu’il y a peu.
Je prends acte ¨
- Contrairement à l’opinion la plus répandue, la circulation routière est un émetteur très minoritaire de gaz à effet de serre. Au niveau de la planète, elle n’en représente que 6%, bien après la production d’électricité, l’industrie, le chauffage des bâtiments ou l’agriculture. Pour leur part les voitures françaises n’émettent que 2 pour 1000 des rejets planétaires.
Je prends acte ¨
- C’est ainsi qu’une seule vache émet chaque année en ruminant l’équivalent de 2,5 tonnes de CO² , c’est-à-dire plus qu’une voiture (2,3 tonnes). Il ne viendrait pourtant à personne l’idée de demander aux Français de renoncer à la viande de bœuf – dont on peut se passer – alors qu’on leur suggère souvent de ne pas utiliser leur voiture – dont ils ne peuvent se passer.
Je prends acte ¨
- Fort heureusement, les voitures consomment de moins en moins. Celles qui ont été vendues en France en 2005 n’ont besoin que de 6 litres au 100 kilomètres en moyenne contre plus de 8 litres en 1990. Le progrès technique laisse prévoir, avec les véhicules hybrides rechargeables, des voitures qui ne nécessiteront plus que 2 litres aux 100 kilomètres d’ici une dizaine d’années, ce qui bouleversera l’échelle des besoins. Dès à présent, la consommation de carburant des automobiles diminue en France (28,5 millions de tonnes en 2006 contre 30,8 millions de tonnes en 2001).
Je prends acte ¨
- Les taxes sur les carburants sont une des ressources fiscales principale des pouvoirs publics, et leurs revenus représentent près de deux fois les dépenses consenties en faveur du réseau routier. Le montant des recettes ainsi prélevées sur la circulation automobile a atteint en 2006, 20 milliards d’euros dont 17 de taxes spécifiques.
Je prends acte ¨
- Les taxes sur les carburants sont éminemment anti-sociales, car elles frappent disproportionnellement les ménages les moins riches qui ont autant, sinon plus, besoin de leur voiture que les plus aisés. Les ménages qui habitent en grande banlieue ont nécessairement deux voitures et doivent parcourir beaucoup de kilomètres, contrairement à ceux qui peuvent habiter le centre des grandes villes et bénéficient de surcroît de réseaux de transport en commun plus denses.
Je prends acte ¨
- De même, pour les grandes distances, les études montrent que les chemins de fer qui bénéficient de subventions considérables ont une clientèle majoritairement composée de membres de catégories sociales supérieures, alors que les plus modestes ont recours à la voiture quand ils partent en vacances annuelles.
Je prends acte ¨
- 76 % des Français souhaitent habiter des maisons individuelles et celles-ci représentent chaque année la majorité des constructions nouvelles. Or seule l’automobile permet de répondre à ce vœu profond de la grande majorité de nos concitoyens.
Je prends acte ¨
- Le fret ferroviaire ne joue plus qu’un rôle marginal pour nos transports de marchandises, avec 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires contre 53 milliards pour les camions et les camionnettes
Je prends acte ¨
- Les wagons de marchandises de la SNCF parcourent chaque année 2 milliards de kilomètres, contre 35 pour les camions, 91 pour les camionnettes, et 440 pour les voitures particulières. Il est donc impossible de soulager significativement la circulation routière en développant le fret ferroviaire, d’autant plus que celui-ci est en chute rapide (moins 25 % entre 2001 et 2005)
Je prends acte ¨
- Les métiers liés à l’automobile et au transport routier représentent 2.50 0000 emplois et font vivre plus de 6 millions de personnes.
Je prends acte ¨
- Enfin, la sécurité routière a fait l’objet de progrès spectaculaires même si les accidents de la route restent malheureusement trop nombreux et si beaucoup reste à faire, notamment pour améliorer la sécurité du réseau routier qui est encore très insuffisante. Les résultats sont frappants. Alors que le nombre de tués avoisinait 18.000 par an au début des années 1970, il est revenu à moins de 5.000 en 2006, pour un trafic qui a été multiplié par deux et demi, de telle sorte que le risque a été divisé par dix en trois décennies, résultat que personne n’aurait osé escompter.
Je prends acte ¨
Sources
- CCFA – INSEE
- Ipsos/FFAC – février 2005
- Ipsos/FFAC – novembre 2006
- Insee – Enquête Globale de Transport 2001
- Enquêtes Locales de Transport
- Sofrès/FFAC – septembre 1999
- Sofrès/FFAC – septembre 1999
- Insee – Enquêtes Nationales de Transport
- Ipsos/FFAC – décembre 2006 ; Sofrès/FFAC – janvier 2000
- Etudes Inrets
- Cour des Comptes – Philippe Seguin
- SNCF
- Enquêtes Locales de Transport
- Ipsos/FFAC – janvier 2004
- Ipsos/FFAC
- Insee – Enquête Globale de Transport 2001
- Ipsos/FFAC – octobre 2006
- Insee – Enquêtes Nationales de Transport
- Ministère de l’Equipement DAEI
- Commission de Bruxelles Normes anti-pollution
- Airparif
- Nations-Unies ; Citepa
- FAO ; GIEC
- CCFA ; UFIP
- Ministère des Finances
- Enquête Globale de Transport – Ile-de-France 2001
- SNCF
- Ipsos/FFAC – mai 2001
- Ministère de l’Equipement ; SNCF
- Ministère de l’Equipement ; SNCF
- CCFA
- Ministère de l’Equipement – DSCR
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